Desyrel (Trazodone) – Guide d’Utilisation pour les Patients Canadiens
Informations de base sur le produit
| Dénomination Commune Internationale (DCI) | Trazodone |
|---|---|
| Nom(s) commercial(aux) Canada | Desyrel®, Trittico® |
| Code ATC | N06AX05 |
| Formes et dosages disponibles | Comprimés ou comprimés à libération prolongée : 50 mg, 100 mg, 150 mg, 300 mg |
| Fabricants | Pfizer, Mylan, Sandoz, Laboratoires TEVA |
| Statut légal | Médicament soumis à prescription médicale (liste I - ordonnance obligatoire) |
Mécanisme d’action
Pour tous : Trazodone est un antidépresseur qui agit principalement en augmentant la quantité de sérotonine dans le cerveau, un neurotransmetteur jouant un rôle clé dans la régulation de l’humeur, du sommeil et de l’anxiété.
Pour les spécialistes : La trazodone appartient à la classe des antagonistes de la sérotonine et inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (SARI). Elle bloque sélectivement les récepteurs 5-HT2A/2C et inhibe la recapture de la sérotonine. À haute dose, elle présente un effet sédatif par antagonisme alpha-adrénergique et histaminergique.
Pharmacocinétique
- Absorption : Bonne, pic plasmatique atteint en 1-2 heures (forme immédiate) ou 4-6 heures (forme prolongée).
- Distribution : Volume de distribution important, franchit la barrière hémato-encéphalique.
- Métabolisme : Hépatique (CYP3A4). Formation de métabolites actifs (mCPP).
- Élimination : Rénale (70%) et fécale (20%). Demi-vie : 6-9h (forme immédiate), jusqu’à 12h (prolongée).
- Durée d’action : 8-24 heures selon le type de comprimé et la dose administrée.
Utilisation au quotidien et bonnes pratiques
La trazodone est utilisée principalement dans le traitement des épisodes dépressifs caractérisés, souvent chez l’adulte, et parfois hors AMM pour des troubles du sommeil ou l’anxiété lorsque d’autres traitements ne conviennent pas. En France, la prescription initiale et le suivi relèvent du médecin généraliste ou d’un psychiatre.
- Posologie typique adulte : Démarrage à 50–75 mg/jour, puis augmentation progressive par paliers de 50 mg selon la tolérance et l’efficacité, jusqu’à 300 mg/jour (en une ou plusieurs prises).
- Utilisation : Avaler le comprimé avec un verre d’eau, sans le croquer. Respecter scrupuleusement les horaires fixés par le médecin.
- Contexte alimentaire : Peut être prise à jeun ou pendant un repas pour réduire les troubles digestifs, fréquents au début du traitement avec la diète québécoise ou française.
- Adaptations : Chez la personne âgée ou en cas d’insuffisance hépatique, privilégier le démarrage à faible dose avec ajustements prudents.
Prise le matin ou le soir : conseils et régularité
Le plus souvent, la prise est recommandée le soir en raison de ses effets sédatifs, particulièrement adaptés en cas d’insomnie ou d’anxiété nocturne. En cas de fatigue excessive en journée, ajuster la prise en accord avec le médecin. La régularité favorise l’efficacité et limite le risque d’oubli ou de surdosage.
- Avantage du soir : Diminution des insomnies, meilleure acceptation des effets secondaires (somnolence).
- Inconvénient : Certains patients signalent des rêves intenses ou des réveils nocturnes.
- Conseil : Toujours prendre la trazodone au même moment chaque jour, avec ou sans nourriture.
Prise avec ou sans nourriture et habitudes alimentaires France/Canada
La prise au cours d’un repas léger (ex. : petit déjeuner français, souper Québécois) peut minimiser certains effets gastro-intestinaux (nausées).
- Avec nourriture : Moins d’irritation gastrique, absorption comparable (pic retardé).
- À jeun : Déclenchement plus rapide mais parfois nausées/acidité.
- Astuce : Privilégier un repas pauvre en graisses pour éviter des pics d’absorption trop importants.
Interactions (aliments, alcool, médicaments)
| Type d’interaction | Exemples | Effets/Pièges à éviter |
|---|---|---|
| Aliments | Jus de pamplemousse | Augmente la concentration plasmatique de trazodone |
| Médicaments sédatifs | Alcool, benzodiazépines, morphiniques | Risque de majoration de la somnolence, accident |
| Inhibiteurs enzymatiques | Kétoconazole, érythromycine | Augmentation du taux sanguin de trazodone |
| Syndrome sérotoninergique | ISRS, IMAO, antidépresseurs trisycliques | Risque de syndrome sérotoninergique |
| Anticoagulants | Warfarine, aspirine | Majoration du risque hémorragique |
| Alcool | Bière, vin, spiritueux | Effet sédatif accru, prudence stricte |
Indications (officielles et hors AMM)
| Indication | État | Statut |
|---|---|---|
| Épisode dépressif majeur | Adulte | AMM (autorisé) |
| Insomnie résistante | Adulte, personne âgée | Hors AMM (usage fréquent) |
| Trouble anxieux généralisé | Adulte | Hors AMM |
| Troubles du comportement (Alzheimer, démences) | Personnes âgées | Hors AMM |
| Trouble obsessionnel-compulsif (TOC) | Adulte | Hors AMM |
Posologies selon l’indication
| Population | Indication | Posologie initiale | Posologie d’entretien | Maximal |
|---|---|---|---|---|
| Adulte | Dépression | 50-75 mg/jour | 100-300 mg/jour | 400 mg/jour (600 mg hospitalier) |
| Adulte | Insomnie | 25-50 mg/soir | 50-150 mg/soir | 150 mg/soir |
| Personne âgée | Dépression/Insomnie | 25 mg/soir | 50-100 mg/jour | Max 150 mg/jour |
| Pédiatrique | Indications exceptionnelles | Non recommandé | — | — |
Profil de sécurité et effets secondaires
- Très fréquents (>1/10) : Somnolence, fatigue, bouche sèche, maux de tête.
- Fréquents (1/10–1/100) : Vertiges, constipation, nausées, sueurs nocturnes, hypotension orthostatique.
- Peu fréquents (1/100–1/1 000) : Troubles visuels, rash cutané, prise/perte de poids.
- Rares (<1/1 000) : Priapisme (érection prolongée et douloureuse nécessitant un avis médical), arythmies cardiaques, syndrome sérotoninergique.
- Précautions : Vigilance en cas de troubles cardiaques, de prise concomitante d’autres psychotropes, ou chez le sujet âgé. Prudence accrue au début du traitement ou lors d’une augmentation de la dose.
Conseils de bon usage (pharmacie/clinique, contexte Canada)
- Maintenir un suivi régulier avec le médecin traitant, surtout lors de l’initiation du traitement ou des changements de dose.
- Ne pas arrêter soudainement le traitement sans avis médical – risque possible de syndrome de sevrage (irritabilité, anxiété, troubles du sommeil).
- Éviter la conduite de véhicules ou l’utilisation de machines lors de l’instauration du traitement ou d’un changement de posologie.
- Stocker hors de portée des enfants, à température ambiante, à l’abri de l’humidité et de la chaleur.
Alternatives thérapeutiques remboursées par la RAMQ (Régie de l’assurance maladie du Québec)
- ISRS (ex. escitalopram, sertraline) : Moins sédatifs, mieux tolérés, premier choix en dépression. Moins efficace sur l’insomnie initiale.
- Imipramine, amitriptyline (tricycliques) : Efficaces, profils d’effets indésirables différents (risque cardiovasculaire plus marqué).
- Mirtazapine (Norset®) : Alternative en cas de troubles anxieux et/ou insomnie, effet sédatif comparable à la trazodone.
- Agomélatine (Valdoxan®) : Profil intéressant sur l’anxiété et la rythmicité circadienne, surveiller la fonction hépatique.
- Psychothérapie : Souvent complémentaire ou alternative, adaptée selon les préférences et le contexte du patient.
Statut légal, enregistrement et remboursement au Canada
- Autorisation : Santé Canada, AMM délivrée. Code ATC N06AX05.
- Prescription : Médicament d’ordonnance, soumis à la prescription d’un professionnel de santé pleinement habilité (médecin, psychiatre).
- Remboursement : Prise en charge possible par la RAMQ (Québec) ou assurance privée. Retraitement selon l’indication.
- Réglementations françaises applicables pour importation : Produit autorisé en France et au Canada, prescription obligatoire, délivrance en officine communautaire ou hospitalière.
Nouvelles recherches et recommandations cliniques (2022–2025)
Les récentes recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) et de la CANMAT (Canadian Network for Mood and Anxiety Treatments) rappellent le rôle de la trazodone pour la dépression résistante, l’insomnie sévère chez l’adulte, et comme alternative dans l’ajustement des stratégies antidépressives. De nouvelles études multicentriques françaises et canadiennes (Blin et al., 2023 ; Boucaud-Maitre et al., 2024) confirment une bonne tolérance à long terme et l’absence de dépendance. L’ajout à d’autres antidépresseurs doit être prudent (risque sérotoninergique). Malgré son ancienneté, la trazodone garde une place de choix pour certaines formes de dépression ou d’insomnie associée.
Disponibilité, conditionnements, prix indicatif et délais de livraison (Canada)
| Dosage | Conditionnement | Prix indicatif (CAD) | Délai livraison Montréal | Québec | Ottawa |
|---|---|---|---|---|---|
| 50 mg | 30 comprimés | 14–19 $ | 24–48h | 24–72h | 48–72h |
| 100 mg | 30 comprimés | 19–27 $ | 24–48h | 24–72h | 48–72h |
| 150 mg | 30 comprimés LP | 24–36 $ | 24–72h | 24–72h | 48–96h |
Foire Aux Questions (FAQ)
- Combien de temps avant que la trazodone ne fasse effet ?
Un bénéfice sur le sommeil peut survenir dès la première prise. Pour l’effet antidépresseur complet, compter 2 à 4 semaines de traitement régulier. - La trazodone provoque-t-elle une dépendance ?
Non, aucun cas de dépendance physique n’a été signalé. Toutefois, l’arrêt soudain est à éviter pour limiter les symptômes de sevrage. - Puis-je consommer de l’alcool pendant le traitement ?
Il est fortement déconseillé d’associer la trazodone à l’alcool (somnolence, risques accrus d’accidents domestiques ou routiers). - Dois-je arrêter la trazodone en cas de grossesse ou d’allaitement ?
Prévenez rapidement votre médecin. La décision d’arrêter ou modifier la prise tiendra compte du bénéfice-risque individuel. - Que faire en cas d’oubli d’une dose ?
Prendre la dose oubliée dès que possible. S’il est presque temps pour la suivante, ne pas doubler la dose, poursuivez le schéma habituel.
Remarque : Cette fiche ne remplace pas un avis médical. Pour toute question ou effet inhabituel, consultez sans attendre votre médecin ou pharmacien.

