Isordil (Dinitrate d’isosorbide) : Guide patient complet
Informations essentielles sur le produit
| DCI (Dénomination Commune Internationale) | Dinitrate d’isosorbide |
|---|---|
| Noms commerciaux au Canada | Isordil® (Isorbidum®), Cedocard® |
| Code ATC | C01DA08 |
| Formes disponibles | Comprimés sublinguaux, comprimés oraux, solutions à libération prolongée |
| Dosages | 5 mg, 10 mg, 20 mg, 40 mg |
| Fabricants | Bausch Health Canada, Sanofi Aventis, Teva Santé |
| Statut de prescription | Médicament sur prescription médicale obligatoire (liste I) |
Mécanisme d’action
Explication simplifiée : Isordil appartient à la famille des dérivés nitrés. Il agit principalement en dilatant les vaisseaux sanguins (vasodilatation), ce qui réduit la charge de travail du cœur ainsi que la pression dans les artères et les veines. Cela permet d’améliorer l’apport en oxygène au muscle cardiaque, réduisant ainsi les douleurs thoraciques (angine de poitrine).
Pour les professionnels : Le dinitrate d’isosorbide libère de l’oxyde nitrique (NO) après biotransformation, activant la guanylate cyclase, augmentant le GMPc intracellulaire et induisant une relaxation du muscle lisse vasculaire. Résultat : diminution de la précharge et, à doses supérieures, de la postcharge.
Pharmacocinétique
- Absorption : Excellente par voie sublinguale (biodisponibilité ~35–50 % par voie orale).
- Métabolisme : Métabolisé principalement dans le foie (effet de premier passage important). Forme des métabolites actifs incluant le mononitrate d’isosorbide.
- Élimination : Rénale et, partiellement, biliaire.
- Durée d’action : 2–6 heures (comprimés sublinguaux), 6–12 heures (formes à libération prolongée).
Utilisation au quotidien et bonnes pratiques – contexte canadien
Isordil est généralement prescrit pour la prévention et le traitement des crises d’angine de poitrine, parfois dans l’insuffisance cardiaque chronique (en association). La prise se fait selon la forme pharmaceutique :
- Comprimé sublingual : Placer sous la langue au moment de la crise (douleur thoracique aiguë) ou juste avant un effort susceptible de déclencher une crise.
- Comprimé oral ou à libération prolongée : Avaler avec un peu d’eau, de préférence aux mêmes horaires chaque jour pour optimiser l’efficacité et éviter la tolérance.
En France, l’usage de ce type de traitement s’accompagne toujours d’un suivi cardiologique. Le respect strict de la prescription et la régularité dans la prise sont essentiels pour garantir l’efficacité et limiter les effets indésirables.
Conseil : Toujours garder sur soi un comprimé sublingual en cas de besoin.
Prise le matin ou le soir : comment choisir ?
- La prise matinale est souvent recommandée pour éviter la tolérance (perte d’efficacité lors de l’exposition continue).
- On conseille un intervalle sans nitrate (généralement 8–12 heures la nuit) pour restaurer la sensibilité du corps au médicament. Cela permet d’optimiser l’action lors de la journée, moment où la sollicitation cardiaque est la plus forte.
- Eviter la prise tardive ou nocturne sauf en cas de nécessité clairement identifiée par le médecin (ex : angor nocturne).
Avec ou sans repas — effets de l’alimentation et habitudes canadiennes
- Comprimés sublinguaux : Prendre indépendamment des repas. Aliments ne modifient pas l’effet.
- Comprimés oraux : Prendre de préférence avant les repas ou à jeun, surtout pour réduire les troubles digestifs mineurs. Si céphalées ou nausées, un léger en-cas français/québécois (pain, produit laitier) peut aider.
En contexte canadien, où l’alimentation riche en fibres et produits laitiers est fréquente, il n’y a pas de recommandation spécifique d’éviction, mais éviter l’alcool et la caféine excessive est prudent.
Interactions et mises en garde
| Substance / Médicament | Nature de l’interaction | Recommandation |
|---|---|---|
| Alcool | Majore l’effet hypotenseur, vertiges | Éviter pendant le traitement |
| Inhibiteurs de la PDE5 (sildénafil, tadalafil…) | Risque d’hypotension sévère voire choc | Contre-indiqué strictement |
| Antihypertenseurs | Effet additif hypotenseur | Surveillance accrue requise |
| Neuroleptiques | Hypotension orthostatique | Prudence, adapter la posologie |
| Autres dérivés nitrés | Cumul risque tolérance et hypotension | Éviter l’association |
Indications officielles et hors AMM
| Indication | Statut | Détail |
|---|---|---|
| Angor de poitrine stable | AMM officielle | Traitement préventif et des crises |
| Insuffisance cardiaque chronique | Off-label (hors AMM) | En association avec d’autres molécules |
| Angor variant (Prinzmetal) | AMM officielle | Traitement de fond |
| Hypertension pulmonaire | Off-label | Données limitées, alternative possible |
Posologies selon situation clinique
| Population | Indication | Posologie Usuelle |
|---|---|---|
| Adulte | Prévention angor | 10–40 mg, 2 à 3 fois/jour (forme orale) |
| Adulte | Crise d’angine (sublingual) | 5–10 mg dès les premiers signes |
| Personne âgée | Prévention/traitement | Dose initiale réduite, surveillance accrue |
| Enfant | Indication exceptionnelle | Pas d’AMM, usage spécialisé seulement |
Profil de sécurité et effets indésirables
- Courants :
- Céphalées (très fréquentes, surtout en début de traitement)
- Bouffées de chaleur
- Hypotension, vertiges (surtout lors du passage de la position allongée à debout)
- :::nausée, troubles digestifs légers:::
- Rares :
- Réactions allergiques (éruption cutanée, urticaire)
- Syncope
- Leucomalacie cérébrale (extrêmement rare, signalée chez l’enfant uniquement)
- Méthémoglobinémie (cas exceptionnels, surdosage)
- Avertissements : Ne jamais interrompre brutalement le traitement sans avis médical. Consulter immédiatement en cas de douleurs thoraciques persistantes ou de malaise important.
Conseils de bon usage – avis du pharmacien canadien
- Prenez la dose prescrite à heure régulière pour maximiser l’efficacité.
- Pour la forme sublinguale, ne pas avaler ou croquer le comprimé. Laisser se dissoudre tranquillement sous la langue.
- Gardez une réserve de comprimés sur vous (voiture, sac, maison).
- Signalez toute sensation inhabituelle de faiblesse, étourdissement ou syncope.
- Informez tous les soignants de votre prise de dérivés nitrés.
- En hiver canadien, attention aux efforts importants au froid qui majorent le risque d’angine.
Options thérapeutiques alternatives (remboursées par la RAMQ)
- Mononitrate d’isosorbide : Moins d’effet de premier passage hépatique, meilleure tolérance gastro-intestinale.
- Nitroglycérine (Trinitrine®) : Action plus rapide en sublingual, plus courte durée d’action.
- Bêtabloquants : Utilisés en prévention de l’angine stable, moins efficaces pour les crises aiguës.
- Antagonistes calciques : Option efficace, surtout pour l’angor de Prinzmetal.
Comparatif rapide : Isordil présente l’avantage d’une longue expérience d’utilisation mais son profil de céphalées nuit parfois à l’observance. Le mononitrate d’isosorbide offre une meilleure régularité plasmatique. Les autres classes présentent des profils d’effets secondaires différents, à discuter avec le cardiologue.
La grande majorité de ces médicaments sont remboursés par la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) sur prescription.
Législation, enregistrement et remboursement au Canada
- Statut légal : Isordil est un médicament prescrit exclusivement sur ordonnance (liste I).
- Homologation : Autorisé suite évaluation par Santé Canada (DIN attribué, fiche monographie accessible via Base de données sur les produits pharmaceutiques).
- Remboursement : Remboursé par la RAMQ et la plupart des assurances privées, selon critères définis.
Recherche clinique et recommandations récentes (2022–2025)
- Les dernières recommandations européennes (ESC 2023) et canadiennes insistent sur l’importance des intervalles sans nitrate pour éviter la tolérance.
- Études multicentriques françaises et canadiennes (Cf. Rev. Méd. Interne 2024, Circulation 2023) : pas d’efficacité supérieure du dinitrate par rapport au mononitrate, mais profil similaire en prévention.
- Nouvelles analyses : le recours élargi à d’autres classes (bêtabloquants, inhibiteurs calciques) est recommandé en première intention, les dérivés nitrés étant priorisés en cas de contre-indications ou d’inefficacité.
Disponibilité, conditionnements et livraisons
| Forme / Dosage | Conditionnement | Prix indicatif (CAN $) |
|---|---|---|
| Comprimés sublinguaux 5 mg | 40, 60, 200 unités | 8–32 $ |
| Comprimés oraux 10, 20, 40 mg | 30, 60, 90 unités | 12–52 $ |
| Ville | Délai habituel |
|---|---|
| Montréal | 1–2 jours |
| Québec | 1–3 jours |
| Ottawa/Gatineau | 1–3 jours |
| Toronto | 2–4 jours |
| Halifax | 2–5 jours |
| Vancouver | 3–5 jours |
*Sous réserve du stock et de la disponibilité du produit.
FAQ – Vos questions les plus fréquentes
- 1. Dois-je prendre Isordil à des horaires précis ?
Oui : respectez les horaires prescrits, idéalement à la même heure chaque jour, et suivez la règle des « périodes sans nitrate » pour éviter la tolérance. - 2. Que faire si j’ai oublié une dose ?
Prenez-la dès que possible. Si l’heure de la prochaine dose approche, ne doublez jamais la prise et poursuivez selon votre schéma habituel. - 3. Puis-je conduire ou travailler sous Isordil ?
Si vous ressentez des étourdissements ou une baisse de tension, évitez de conduire ou d’utiliser des machines. L’effet s’atténue souvent dès la première semaine. - 4. Isordil modifie-t-il mon alimentation ?
Non : aucune restriction alimentaire particulière n’est nécessaire, mais limitez l’alcool et surveillez toute intolérance digestive. - 5. En cas de douleur thoracique persistante malgré Isordil ?
Consultez immédiatement les urgences ou contactez le 15/911. Cela peut signaler une aggravation cardiaque nécessitant une prise en charge rapide.
N’hésitez pas à demander conseil à votre pharmacien ou à prendre rendez-vous avec votre cardiologue pour toute question sur Isordil et ses alternatives.

